À l’approche des élections municipales, le logement s’impose comme l’un des thèmes les plus structurants de la campagne. Encadrement des loyers, pénurie de biens et difficultés d’accès pour se loger, rénovation énergétique du parc existant ou encore encadrement de la location : rarement les politiques municipales n’ont été aussi scrutées sur leurs choix en matière immobilière.
Vous retrouverez dans cet article les propositions immobilières connues à date des candidats aux municipales dans les principales villes de France.
L’objectif est de les présenter de manière claire, ville par ville et candidat par candidat, afin de permettre à chacun de comprendre les orientations défendues et leurs implications concrètes.
Pourquoi le logement est un enjeu central des municipales 2026 ?
Le logement s’est progressivement imposé comme l’un des principaux sujets de préoccupation dans les métropoles. En 2026, il ne s’agit plus seulement de construire davantage, mais de répondre à une équation devenue complexe : rareté du foncier, hausse des coûts, exigences environnementales ou encore tension locative sur le marché.
L’offre locative se raréfie dans les zones tendues, les délais d’accès au logement s’allongent, tandis qu’une part importante du parc existant nécessite des travaux de rénovation, notamment énergétique. À cela s’ajoutent d’autres problématiques : habitat indigne, copropriétés dégradées, logements vacants, pression de la location touristique ou encore adaptation des logements aux épisodes de chaleur.
Des compétences municipales importantes
Si l’État fixe le cadre général du logement (fiscalité, normes, etc.), les municipalités disposent de leviers déterminants qui expliquent pourquoi les municipales constituent un moment clé sur ces sujets.
Parmi ces leviers figurent notamment :
- La politique d’urbanisme qui conditionne directement la capacité à produire du logement : PLU/PLUi, délivrance des permis de construire, règles de densité, hauteurs, destinations des sols, etc.
- La politique foncière via la maîtrise du foncier, la préemption ou la définition de la taxe foncière
- La politique du logement social en lien avec les bailleurs et les intercommunalités : objectifs de production, répartition territoriale, rénovation du parc existant
- Les dispositifs locaux de régulation : encadrement des loyers, chartes de modération ou encore les garanties locatives
- La lutte contre l’habitat indigne, les contrôles des copropriétés dégradées et l’action contre les marchands de sommeil
- Les politiques de rénovation et d’adaptation climatique, qui deviennent un enjeu majeur pour le confort et les charges des ménages
Des élections clivantes sur l’immobilier
Enfin, le logement est devenu un marqueur politique fort. Tandis que certains candidats prônent une intervention accrue de la puissance publique (logement social, réquisition, agences municipales), certains privilégient des approches plus incitatives ou axées sur la production et la modération.
C’est précisément ce qui fait du logement un thème central des municipales 2026 : au-delà des discours, les programmes traduisent des choix structurants pour les villes, qui engageront leur trajectoire immobilière pour les années à venir.
Comparatif des propositions des principaux candidats par ville
Paris
| Candidat | Propositions |
|---|---|
| Emmanuel Grégoire (PS–EELV–PCF) |
Objectif de 40 % de logements publics à l’échelle de la ville Mise en œuvre de réquisitions de logements vacants Hébergement d’urgence : renforcement des capacités d’accueil avec la création de 4 000 places supplémentaires |
| Ian Brossat (PCF) |
Renforcement du logement social avec l'augmentation du quota de biens rénovés (aujourd'hui à 5 000 / an). Le parc social parisien a progressé de 12 points sur la période 2001 - 2025. |
| Rachida Dati (LR) |
Orientation vers une réduction de la part de logements sociaux. Priorité donnée à l’entretien et à la gestion du parc existant. Remise en cause de la politique de préemption menée par la municipalité sortante |
| Sophia Chikirou (LFI) |
Création d’une agence locative publique Développement de logements sociaux dans l’ensemble des arrondissements |
| Thierry Mariani (RN) | Pas de mesures indiquées. |
| Sarah Knafo (Reconquête) | Pas de mesures indiquées. |
Lyon
| Candidat | Propositions |
|---|---|
| Grégory Doucet (EELV) |
Objectif de 30 % de logements sociaux d’ici 2040 Rénovation énergétique : création d’un fonds dédié aux « bouilloires thermiques » Renforcement du dispositif de l’encadrement des loyers par la Métropole Mise en place de dispositifs de garantie ou d’assurance municipale pour l'accès au logement Baisse des charges via le développement des réseaux de chaleur Création de fonds pour lutter contre la chaleur dans les logements |
| Jean-Michel Aulas (droite-centre) |
Proposition d’une charte de modération des loyers Ligne de fermeté face aux squats |
| Anaïs Belouassa-Cherifi (LFI) |
Réquisition de l’ensemble des logements vacants Création d’une agence locative publique Développement de logements sociaux sur tout le territoire communal |
| Nathalie Perrin-Gilbert (sans étiquette) | Volonté de développer des logements accessibles, sans précisions opérationnelles détaillées dans le document |
| Georges Képénékian (sans étiquette) |
Création de 5 000 logements dédiés à la jeunesse et aux étudiants Mise en place d’une plateforme d’accompagnement vers le logement |
Marseille
| Candidat | Propositions |
|---|---|
| Benoît Payan (PS–EELV–PCF) |
Objectif de 4 500 logements par an, dont 2 300 logements sociaux ou en accession sociale Création d’un «gendarme du logement chargé de contrôler bailleurs sociaux et copropriétés Lutte renforcée contre les marchands de sommeil Demande d’outils et d’opérations spécifiques pour les copropriétés en difficulté |
| Sébastien Delogu (LFI) |
Objectif de 30 000 logements Réquisition des logements vides Création d’une "brigade municipale du logement" |
| Franck Allisio (RN - UDR) | Pas de mesures indiquées. |
| Martine Vassal (LR) | Pas de mesures indiquées. |
Nantes
| Candidat | Propositions |
|---|---|
| Johanna Rolland (PS–EELV–PCF) |
Objectif de 40 % de logements sociaux Volonté de mettre en place l’encadrement des loyers (candidature en attente) Plan de relance de la construction et création de nouveaux logements sociaux Rénovation des logements considérés comme des passoires thermiques |
| Foulques Chombart de Lauwe (LR-centre) |
Opposition à l’objectif de 40 % de logements sociaux Peu de mesures détaillées |
| Haïry (centre) | Pas de mesures indiquées. |
| Margot Medkour (collectif citoyen) | Pas de mesures indiquées. |
| Wiliam Aucant (LFI) | Pas de mesures indiquées. |
| Jean-Claude Hulot (RN-UDR) | Pas de mesures indiquées. |
| Mounir Belhamiti (Renaissance) | Pas de mesures indiquées. |
Bordeaux
| Candidat | Propositions |
|---|---|
| Pierre Hurmic (EELV) |
Objectif de zéro artificialisation des sols Politique de végétalisation et de résilience climatique de la ville |
| Thomas Cazenave (Renaissance - Horizons) | Pas de mesures indiquées. |
| Philippe Dessertine (sans étiquette) | Pas de mesures indiquées. |
| Nordine Raymond (LFI) | Pas de mesures indiquées. |
| Philippe Poutou (NPA) | Pas de mesures indiquées. |
| Julie Rechagneux (RN) | Pas de mesures indiquées. |
Lille
| Candidat | Propositions |
|---|---|
| Arnaud Deslandes (PS) |
Poursuite de programmes de rénovation urbaine avec création de nouveaux logements Objectif de plus de 2 000 logements sociaux rénovés sur 3 500 programmés Accompagnement des ménages dans les opérations de relogement Diversification et amélioration de l’accessibilité du parc de logements |
| Stéphane Baly (EELV) | Pas de mesures indiquées. |
| Violette Spillebout (Renaissance) | Pas de mesures indiquées. |
| Louis Delemer (LR) | Pas de mesures indiquées. |
| Lahouaria Addouche (LFI) | Pas de mesures indiquées. |
Bon à savoir
La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 26 février 2026 à 18h. D’autres candidatures pourraient donc être annoncées d’ici là.
Un conseiller vous contacte, en visio ou par téléphone, pour faire le point sur votre situation et vous proposer une solution adaptée.